Les Docks de Marseille : bâtiment emblématique de la cité phocéenne

Les Docks de Marseille, situés à la Joliette, constituent un site qui nous est bien familier. Réputés notamment pour leur forte activité commerciale, cumulant boutiques, restaurants et espaces bureautiques, ils occupent une place centrale au sein de ce quartier.

Bâtiment doté d’une architecture impressionnante et préservée, nous avons tous une petite idée de son passé. Mais connaissons-nous réellement l’histoire de cet édifice, son aventure industrielle et son incroyable mutation ?

Un symbole de l’expansion commerciale Marseillaise

 

Imaginons Marseille au milieu du XIXe siècle : une ville pourvue d’un port, ouverte sur l’Orient,
des bateaux venant de tous les horizons, des flux incessants de marchandises. Le commerce maritime devient si important que l’espace et les structures existantes commencent à être
insuffisants. Il faut donc réagir, construire et surtout, voir grand. S’ouvrir vers le nord par transport ferroviaire et avoir une plus grande capacité de stockage sont des impératifs non négligeables.

Il devient alors nécessaire de construire un édifice capable de relever ces nouveaux défis. C’est en 1853 que la mairie décide d’établir une infrastructure sur un terrain de 10 hectares cédés par l’Etat. A la tête de ce projet, il y a Paulin Talabot, de la Compagnie des Docks et Entrepôts de Marseille. Les travaux, quant à eux, sont confiés à l’architecte Gustave Desplaces. Ce chantier ambitieux, moderne et onéreux démarre en 1858 et s’achève en 1864.

 

Une élaboration architecturale unique

Le résultat est incroyable : les Docks, bâtis tout en pierre, couvrent 80 000 mètres carrés de plancher. Leur ossature est constituée de charpentes métalliques et de poteaux en fonte de 36 mètres de haut. Le tout est créé dans un style très anglais dans la pure inspiration des docks Ste Catherine de Londres. Le bâtiment correspond aux attentes en tant que lieu de stockage et de bureaux des douanes et en outre, dépasse les expectatives en étant le plus grand dock d’Europe. Mais au-delà de l’aspect général très réussit, une analyse plus fine révèle certaines curiosités…

Monsieur Desplaces était-il un passionné de numérologie ? La question se pose lorsque l’on apprend que le bâtiment mesure 365 mètres de long -comme le nombre de jours par an. Il contient également 4 cours, tout comme le nombre de saisons. Il est pourvu de 52 portes, ce qui est le nombre de semaines dans une année. Enfin, il s’étend sur 7 niveaux, nombre de jours dans une semaine.

L’activité intense des Docks rencontre pourtant des aléas. Dans un contexte de décolonisation et de réorganisation du commerce, son activité baisse drastiquement. Les Docks de Marseille connaitront un fort déclin, après la seconde guerre mondiale.

 

Une mutation cohérente au cœur de l’économie phocéenne

Les Docks de Marseille seront successivement rachetés en 1955 et en 1991. Le premier rachat fut opéré par les Entrepôts et Magasins Généraux de Paris (EMGP) dont l’investissement était peu rentable. Le deuxième fut effectué par le Groupe SARI (Nexity Entreprise). Les idées de réhabilitation fleurissent dans le cadre du projet Euroméditerranée, le bâtiment n’est donc plus menacé de destruction.

Finalement, c’est l’architecte Eric Castaladi qui remporte le projet. La transformation a pour objectif de convertir les entrepôts en bureaux. Ainsi, l’architecte opère des modifications comme l’élargissement les fenêtres, gardant néanmoins la structure ornée de voutains en briques, ayant un inégalable cachet industriel. Il fait remplacer une partie du toit pour y préférer la pose de verrières. Les gigantesques cours intérieures sont enfin baignées de lumière. Une grande rue intérieure voit également le jour, véritable arête centrale du bâtiment, bordée de différents commerces et de terrasses.

Les Docks de Marseille, ré-ouverts le 10 octobre 2015,  constituent une symbolique forte du nouvel épanouissement marseillais. Dotés de 80 commerces (boutiques, bars et restaurants), de services publics, d’entreprises ainsi que de l’établissement public Euroméditerranée, ils demeurent un acteur important dans le vivier économique marseillais. Idéalement situés au centre d’une activité économique et commerciale, ils sont aussi entourés d’une pluralité d’équipements culturels tels que le Silo, le FRAC, la Villa Méditerranée, le Mucem et Regard de Provence.

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